Écrits politiques, 1928-1949 by Jean-Jacques Rosat George Orwell

By Jean-Jacques Rosat George Orwell

Préface de Jean-Jacques Rosat

• Description : De son most popular article, publié dans los angeles revue politico-littéraire d'Henri Barbusse, à ses ultimes déclarations sur los angeles signification de 1984, les textes de George Orwell ici réunis sont tous inédits en français. Ils avaient été écartés de l'édition de ses Essais, articles et lettres choisis par sa veuve, Sonia, qui « n'appréciait pas son positionnement politique » (Bernard Crick). Ce recueil dessine l'itinéraire des engagements d'Orwell et l'évolution de ses idées : témoignages sur l'Espagne de los angeles guerre civile, appels des années 1940-1941 à l. a. révolution en Angleterre pour gagner los angeles guerre contre Hitler, condamnation radicale de l'impérialisme britannique en Inde et en Birmanie, réflexions sur le socialisme et l. a. démocratie, critique des intellectuels et de leur fascination pour le pouvoir, bilan de l'expérience travailliste d'après guerre, and so on. Il inclut des essais méconnus, qui furent des jalons importants dans l'élaboration de ses conceptions sur l'individu, l’État et los angeles société, comme « tradition et démocratie », « Les socialistes peuvent-ils être heureux ? » ou « los angeles révolte intellectuelle ». Malgré l'immense célébrité de l'écrivain Orwell, sa pensée reste largement ignorée ou incomprise en France. Il est temps qu'il y soit lu comme une determine majeure, et désormais classique, de l. a. pensée politique du XXe siècle, au même titre qu'un Gramsci ou une Hannah Arendt.

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Quels corps et quels visages ! Un grand nombre sont atteints de tares congénitales. Plusieurs souffrent de hernies et portent des bandages. Presque tous ont les pieds déformés et couverts de plaies, par suite de leurs longues marches avec des chaussures mal ajustées. Les vieillards n’ont plus que la peau et les os. Tous ont les chairs flasques, l’aspect minable de gens qui, d’un bout de l’année à l’autre, ne font jamais un vrai repas. Leurs traits émaciés, leurs rides prématurées, leur barbe inculte, tout en eux dénote l’insuffisance de nourriture et le manque de sommeil.

Il lui faut se rendre chaque jour aux bureaux de placement pour demander s’il n’y a pas de travail, et attendre là très souvent plusieurs heures avant qu’on ait le temps de s’occuper de lui. Pour se faire verser son allocation hebdomadaire, il doit se présenter en personne et attendre encore. On voit ainsi, à toute heure du jour, se presser aux portes des bureaux de placement de longues queues de loqueteux aux traits émaciés. Les passants leur jettent un regard de pitié ou de mépris. Les fonctionnaires chargés de les payer ne laissent pas de leur faire entendre toute l’infériorité de leur situation.

Dans toute compétition, il y a forcément un gagnant et un perdant. Avant la guerre, l’Angleterre était le gagnant ; aujourd’hui, elle est le perdant. Voilà, en deux mots, la source de tout le mal. La guerre mit fin à la suprématie industrielle de l’Angleterre. Les pays non combattants, et notamment l’Amérique, détournèrent à leur profit la majeure partie de son commerce d’exportation. Mais, pis encore, le reste du monde s’industrialisait plus vite qu’elle. Le fait même de s’être lancée la première dans la voie de l’industrialisation militait contre elle.

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